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Critique : "Faute d'Amour" d'Andreï Zviaguintsev

« Faute d'amour » (Loveless) d'Andreï Zviaguintsev raconte une lutte entre un monstre des abysses, dont les traces sont visibles dans les éléments liquides, et un Dieu apportant la Lumière sur le monde.

Dans Leviathan (2014), un squelette de baleine échoué sur la plage faisait office d’image de référence. On aurait cependant tort d’y voir une représentation symbolique du Leviathan, dragon des mers (Isaïe, 27:1), figure mythique dont on trouve les premières traces dans la Bible et qui a n’a cessé depuis de traverser les âges et les genres littéraires. En effet, ce n’est pas tant à la traque de l’animal légendaire que se livre Andreï Zviaguintsev, mais à une radioscopie des effets dévastateurs que son empreinte laisse sur le monde et les hommes. La baleine échouée de Leviathan ne peut donc en aucun cas être la carcasse de l’invincible monstre tapis dans les océans, même si Melville, dans Moby Dick, donna ce nom à l’ancêtre du cétacé. Ce n’est qu’une baleine parmi d’autres, se trouvant là par un malheureux hasard ou, si l’on veut comprendre cette image sous l’angle symbolique, que le Leviathan, incarnation du Mal, a rejeté des mers. Cette lecture, autant symbolique que biblique, est inséparable du cinéma d’Andreï Zviaguintsev. Elle est encore prépondérante dans son nouveau film, Faute d’Amour (Loveless), où le cinéaste russe scrute le passage du monstre dans le monde à travers l’histoire d’un jeune garçon non désiré qui disparaît soudainement. À travers le motif de l’eau,  Zviaguintsev va matérialiser l’empreinte du Leviathan, cette empreinte qui marque à la fois son passage et la présence immatérielle du Mal rongeant le monde des vivants, comme si celui-ci, prisonnier d’un piège invisible, se trouvait au milieu du nid du monstre.

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