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| Année de production | 2013 |
| Date de sortie VOD | 01/02/2016 |
Brigitte, Danielle, Hedwige, Bertrand et Saïd sont tous impliqués dans des activités créatives, artistiques. Leur cécité ne les en empêche p...
Brigitte, Danielle, Hedwige, Bertrand et Saïd sont tous impliqués dans des activités créatives, artistiques. Leur cécité ne les en empêche pas, ayant développé avec leur environnement des rapports sensoriels qui s'expriment avec éloquence devant la caméra de Benjamin d'Aoust. Premier documentaire d'un jeune réalisateur belge connu pour ses courts métrages Mur et Point de fuite, La Nuit qu'on suppose dépasse le handicap comme le font ses protagonistes, individualisant les choses tout en osant la question globale de la cécité dans les rapports au monde, un peu comme Nicolas Philibert put le faire avec les sourds et la surdité dans un autre très intéressant documentaire: Le Pays des sourds.
De tous les sens, la vue est évidemment celui dont l'absence paraît la plus antinomique au cinéma. D'assez nombreuses fictions n'en ont pas moins été réalisées autour de personnages aveugles ou mal voyants. Qui pourrait oublier le personnage de la jeune fleuriste de City Lights de Chaplin? Ou le jouisseur incarné par Vittorio Gassman dans Profumo di donna de Dino Risi, qui devine les belles femmes à leur seule odeur? Ou encore les tourments de l'héroïne condamnée à devenir aveugle du Dancer In The Dark de Lars von Trier? Sans oublier les terreurs d'une Audrey Hepburn aveugle et menacée dans le thriller de Terence Young Wait Until Dark. Ni les combats stupéfiants livrés par Zatoïchi, le samouraï privé de la vue?
Mais les deux expériences les plus marquantes sont, dans des registres différents, relatives à une cécité aggravée de mutisme et de surdité. Cette exclusion sensorielle majeure autant que terrifiante, Arthur Penn l'a filmée sous l'angle de l'émotion dans The Miracle Worker, et Werner Herzog avec une force expressive hallucinante dans son documentaire Au pays du silence et de l'obscurité. Une expérience limite, tant sur le plan humain que cinématographique!
Le titre de ce film nominé aux Magritte dans la catégorie du meilleur long-métrage documentaire (lesquels Magritte seront décernés le 1er fé...
Le titre de ce film nominé aux Magritte dans la catégorie du meilleur long-métrage documentaire (lesquels Magritte seront décernés le 1er février), le titre de ce film donc est inspiré par une citation de l’auteur argentin Jorge Luis Borges, lui-même touché par la cécité. « Le monde de l’aveugle n’est pas la nuit qu’on suppose. » C’est exactement cela que nous montre Benjamin d’Aoust au travers de ces témoignages entremêlés. Que rien de triste n’anime : il n’est ici pas question de perte mais plutôt de renaissance et de volonté positive. Ses intervenants ont tous été privés de la vue à un moment ou un autre de leur vie : le spectateur, jamais voyeur, peut donc plus facilement imaginer ce que cela représente. Quand le vent souffle dans les cheveux de l’une. Que la brosse frotte sur la toile d’une autre. Ou encore, au ski, quand il est dit que « c’est quand même ce qu’il y a de mieux ! ». Bien sûr, il y a ici aussi un peu de mise en scène, mais elle passe essentiellement par la technique : focales très longues pour créer de la profondeur de champ, flou… Et beaucoup de gros plans : « Parce que quand on perd la vue, on perd l’espace instantané qu’offre la vision », rappelle le réalisateur.
D.SAucun commentaire sur ce film
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