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| Année de production | 2011 |
| Date de sortie en salle | 21/01/2020 |
" Avec délicatesse, Sébastien Lifshitz fait émerger une parole touchante, parfois douloureuse, voire dérangeante, mais plus souvent joyeuse,...
" Avec délicatesse, Sébastien Lifshitz fait émerger une parole touchante, parfois douloureuse, voire dérangeante, mais plus souvent joyeuse, drôle et libre. Car l'histoire que raconte ce film est inséparable des luttes collectives des années 60 et 70 : mouvement féministe, mouvement pour les droits des homosexuels, mouvement écolo aussi... La qualité de la mise en scène, le choix de privilégier des paysages d'été bucoliques et enchanteurs, ajoute à ce sentiment de plénitude, de vies parfois compliquées, hors des sentiers battus, mais au final épanouies. Un documentaire fort et émouvant, qui va au-delà des clichés. "
Frédéric Théobald
" Epatant documentaire de cinéma qui croise les témoignages de sept hommes et quatre femmes qui ont lutté pour vivre leur homosexualité dans...
" Epatant documentaire de cinéma qui croise les témoignages de sept hommes et quatre femmes qui ont lutté pour vivre leur homosexualité dans les années 50. Aujourd'hui, ils ont plus de 75 ans et ils sont drôles, émouvants, vifs et pimpants. Une vraie leçon de jeunesse et de liberté. "
Guillemette Odicino
" ... A chacun son parcours, son milieu social, le réalisateur filmant bergers ou héritiers de bonnes familles, petits fonctionnaires, rura...
" ... A chacun son parcours, son milieu social, le réalisateur filmant bergers ou héritiers de bonnes familles, petits fonctionnaires, ruraux ou urbains. Mais, pour tous, une identité partagée, un souvenir commun à la forme mutante : la découverte des plaisirs, secrète, se fait alors à l’internat, dans un recoin boisé, au collège. Ou plus tard, comme cette splendide septuagénaire qui décrit ce jour où son existence a basculé avec «le mouvement de main» d’une amie. Avec, toujours, la même incapacité à en parler, et ce pour une raison linguistique évidente : les mots manquaient alors, «gay» ou «coming out» n’avaient pas encore fait leur apparition comme signifiants sexuels.
Depuis ses débuts, la filmographie de Sébastien Lifshitz entremêle forme documentaire et fiction. Là encore, ses Invisibles, pourtant réels, s’imbriquent dans une dramaturgie, filmée en Cinémascope, insérée de musiques grandiloquentes, classiques. Il renverse son documentaire, «l’invertit» littéralement, fuyant tout voyeurisme, misérabilisme ou apitoiement.
S’il se passionne pour les trajectoires de ces fantastiques sujets, il questionne en permanence l’espace. Celui, abstrait, de la mémoire, du récit personnel raconté face caméra. Mais aussi et surtout l’espace social, physique, concret, cet ensemble dont ces hommes et femmes ont été exclus, forcés de vivre dans la marge, le résidu. Comme ces pissotières que visitait l’un d’entre eux avec réticence. Ou encore les bords de l’Azergues (Rhône) qui s’avèrent, dans le récit d’un berger très jouisseur, le théâtre de rencontres exceptionnelles. Et Lifshitz de rappeler, avec des longs plans larges de paysages de campagne ou de vieux quartiers marseillais, que ses protagonistes, prétendument invisibles, n’ont jamais été hors champ, toujours planqués dans un recoin.
De militantisme, il est évidemment question. Des manifestations du Mouvement de libération des femmes, des avortements clandestins, de tout ce qui modifia - enfin ! - à l’orée des années 70 la bonne vieille famille française. Mais aussi des interventions du Fhar, le Front homosexuel d’action révolutionnaire, (qui s’amusait à proclamer «Nous sommes plus de 343 salopes / Nous nous sommes fait enculer par des Arabes / Nous en sommes fiers et nous recommencerons») des Gouines rouges, de toutes ces folles qui se baladaient travesties sur la Canebière, «parce que ça faisait du bien». Bref, de toute cette radicalité qui échappe à l’action, parfois lisse et photoshoppée, du militantisme gay actuel. Moins revendicatif qu’éclaireur, Sébastien Lifshitz est néomilitant, rendant un vif hommage à ceux qui ont entamé les luttes.
Certain(e)s de ces Invisibles ont été de grand(e)s militant(e)s. D’autres se sont contentés de baiser dans leur coin. Tous ont eu des parcours heureux, tourmentés, dramatiques, fluctuants. De formidables histoires charnelles ou amoureuses, que la vieillesse peut aujourd’hui éloigner. Là réside toute la justesse et la force du film de Sébastien Lifshitz : faire de cette poignée d’anonymes des héros, courageux, mais calmes, incroyablement attachants..."
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