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| Année de production | 2014 |
" Dans la bataille que se mènent peinture et cinéma, qui gagne ? La question est insoluble, mais Wiseman s’amuse à la mettre en scène, multi...
" Dans la bataille que se mènent peinture et cinéma, qui gagne ? La question est insoluble, mais Wiseman s’amuse à la mettre en scène, multiplie les saynètes où des équipes de télévision viennent interviewer des conservateurs ou filmer tel ou tel tableau. National Gallery est une très longue fresque où, comme dans un tableau de Vermeer ou une peinture pastorale de Poussin, chacun s’attarde sur un détail, zappe complètement un autre, divague ou réfléchit à haute voix. Et c’est la surface malléable et dense de son propre film que Wiseman met en scène. Inlassablement, il filme ceux, vieux, jeunes, moches ou beaux, touristes ou érudits, qui regardent les peintures. A chaque fois, la mine est hébétée, presque animale. Car, oui, on a toujours l’air un peu idiot face à un Vélasquez ou un Turner, comme stupéfait par un tel dépassement esthétique.
La National Gallery est filmée comme un temple, avec ses gardiens, ses quelques marchands, et ses fidèles parfois peu pratiquants mais tous croyants. Qu’y vénère-t-on ? Rien de «national», en tous les cas, tant Vermeer, Lotto, Van Dyck, Mantegna ou Rubens et d’autres n’avaient rien de très britanniques. Et c’est l’octogénaire Wiseman qui, en vieux sage, ose s’intéresser à un sujet, en apparence déjà vu, et à le traiter comme le lieu de culte des humanités, et peut-être même de l’humanité tout court."
" Ces presque trois heures sont trop brèves pour saisir l'exception culturelle de ce lieu de transmission vivant, bruissant, participatif et...
" Pas de commentaire ni de musique, pas d'interview ni d'indication graphique, pour présenter les personnes et les oeuvres. Comme à son habi...
" Pas de commentaire ni de musique, pas d'interview ni d'indication graphique, pour présenter les personnes et les oeuvres. Comme à son habitude, Frederick Wiseman, ce géant du documentaire de 84 ans, supprime le superflu. Moins pour accéder à une forme de vérité, comme on pourrait le croire, que pour mieux nous captiver, nous embobiner même, en nous donnant l'illusion très forte de devenir nous-même un visiteur qui flâne ou bien un acteur travaillant depuis toujours au coeur du réacteur : à l'intérieur de cette institution culturelle prestigieuse qu'est la National Gallery, avec ses deux mille quatre cents tableaux et son florilège de chefs-d'oeuvre (Vinci, Van Eyck, Rembrandt, Le Caravage, Rubens, Turner, Van Gogh...), du Moyen Age à la fin du XIXè siècle.
(...) en se rendant invisible, le réalisateur se faufile un peu partout, montrant aussi bien les visiteurs que les coulisses — la tâche au quotidien des conservateurs, régisseurs et guides. On ne s'ennuie jamais dans ce long film, tant il respire l'amour de l'art. Tant il donne, dans sa curiosité insatiable, le sentiment de nous emmener très loin, dans un voyage palpitant, une formidable aventure esthétique et humaine."
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